Dites le avec des fleurs...
« Je m’souviens on avait des projets pour la Terre
Pour les hommes comme la nature
Faire tomber les barrières, les murs
Les vieux parapets d’Arthur
Fallait voir
Imagine notre espoir
On laissait nos cœurs
Au pouvoir des fleurs… »

Dans certainement le meilleur album de Laurent Voulzy intitulé « Caché derrière », Alain Souchon nous parle du « Pouvoir des fleurs ». Assurément, la chanson française a bien, entre autres, la vocation de nous rappeler nos espérances mais aussi nos devoirs. Hugues Aufray et, bien entendu, Bob Dylan, l’avaient fait auparavant…
Pour CéLab, l’engagement écologique est bien aussi une nécessité et, aujourd’hui, même une urgence. Il n’en fut pas toujours ainsi et il se souvient d’une époque éloignée où, aveuglé par la fougue d’une jeunesse trépidante et inventive, il faisait fumer les crapauds !
Il est un temps pour l’expérimentation saugrenue, certainement un autre pour l’observation et l’analyse… et c’est vers la trentaine que CéLab prit enfin conscience de son ignorance totale de l’environnement dans lequel il évoluait déjà depuis plus d’un quart de siècle… Un quart de siècle qu’il vivait dans une bulle artificielle, qu’il profitait de technologies sans en comprendre le moindre rouage, qu’il profitait et alimentait tout à la fois un système sur lequel il ne savait rien, sans d’ailleurs que cela lui pose la moindre question. Bref, c’est à cette époque déjà lointaine qu’il prit tout soudainement conscience de sa grande ignorance et de son vil asservissement, ce qui, dans le cas présent, semblait être synonyme.
Quel fut le déclencheur de cette révélation radicale qui d’ailleurs interrompit sa production musicale pendant une vingtaine d’années ? Difficile à dire, mais à trente ans, il n’était pas capable de reconnaître un chêne d’un hêtre, un champ d’un pré, une fouine d’une belette, un criquet d’une sauterelle, une libellule d’une demoiselle… Il avait vu et entendu, sans observer ni écouter et il était totalement dénué de sens pratique, celui qui s’acquiert au quotidien en s’interrogeant sur les évidences de notre monde, lesquelles, tout compte fait, sont loin d’être évidentes ! Il avait néanmoins l’intime conviction qu’il lui fallait au plus vite apprendre à connaître sa maison, cet « oïkos » des Grecs qui avaient déjà compris, il y a plus de deux millénaires, que la cabane où l’on s’endort et la grande nature qui l’entoure ne sont qu’une seule et même chose…
Vu le retard accumulé, il fallait mettre les bouchées doubles ! Mais dans quoi mordre pour commencer ? C’est un peu au hasard que CéLab choisit d’abord la géographie, peut-être pour son côté généraliste, presque encyclopédique à la Diderot ; puis, de fil en aiguille, du minéral au végétal, il passa de la géologie à la botanique et la sociologie végétale…

Durant de longues années d’apprentissage, c’est surtout le terrain qui a ouvert les yeux de Célab, au cours de ces interminables randonnées où le premier brin d’herbe et le moindre « sauticaut »devenaient sujet de débats passionnés où primait le « cétikoi ? » ; où la découverte inopinée d’espèces rares et protégées était surexcitante ; où le fonctionnement de notre environnement, de la formation des sols à la dynamique de végétation, devenait peu à peu une évidence. L’étude était difficile mais, en compensation, présentait d’autres intérêts, notamment celui d’herboriser aux côtés d’étudiantes plus ravissantes les unes que les autres…
C’est enfin au cours de ces sorties interminables que CéLab a découvert qu’on gère bien souvent la nature, ou plutôt la campagne, comme des cochons…, sans fierté, sans respect, sans connaissance et parfois sans raison… Si aujourd’hui il reste de plus en plus sceptique devant les pratiques d’un monde agricole drivé par la PAC et la mondialisation de la production, il a pourtant longtemps eu des rapports privilégiés et instructifs avec quelques campagnards attachés au travail de la terre et proches de la nature, ce qui n’est pas synonyme. Cette affection initiale pour le monde rural est certainement liée à des souvenirs d’enfance, puis à quelques rencontres et aussi, à une nostalgie entretenue par la lecture d’un VINCENOT ou d’un SIGNOL…

« Grèbe huppé » L. Amiard
Pour que les comportements « raisonnés » ou tout simplement « raisonnables » ne deviennent pas une exception au sein de paysages agricoles défigurés et appauvris par la surproduction, il faut donc diffuser les notions relatives à notre environnement afin que chacun puisse « utiliser » ce dernier en toute connaissance de cause et de façon responsable.
Et c’est là qu’intervient un incroyable outil de connaissance que CéLab voudrait faire partager à tous ceux qui souhaitent s’intéresser à notre environnement : la « sociologie végétale ». C’est une démarche très pédagogique, adaptée, non seulement pour comprendre le fonctionnement des milieux qui nous entourent, prévoir leurs mutations et les gérer au mieux, mais aussi tout bonnement les apprécier pour le plaisir, pour leur simple présence, leur originalité et leur diversité.
Voici donc, pour en savoir plus, un petit mot d’introduction sur le sujet, un ou deux conseils de lecture et un exemple d’association végétale (PDF à télécharger).
On remarque bien vite « que les espèces se groupent de diverses manières, que certaines se trouvent constamment associées à certaines autres sur de grandes étendues de pays, que la présence des unes entraîne à peu près nécessairement celle des autres ». Charles FLAHAUT, Hyères, le 1er janvier 1901.
Cette réflexion plus que séculaire d’un des pères de la « sociologie végétale » (ou phytosociologie) est riche d’enseignements et peut être utilement mise à profit.
Tout d’abord, elle ouvre grand la porte sur la notion de « milieux » et sur les relations qui s’établissent entre conditions naturelles (climats, géologie, topographie, sols…), anthropiques (pratiques humaines…) et communautés végétales. La reconnaissance de ces différents liens de causalité est capitale pour mieux comprendre le fonctionnement des « habitats » naturels et pouvoir assurer la préservation de notre patrimoine.
Ensuite, il se dégage du principe de groupement végétal une véritable opportunité pédagogique : puisque « pour quelqu’un qui connaît suffisamment les plantes dans la nature, le simple rappel du nom de l’une d’elle évoque instantanément dans son esprit, non seulement son image, mais encore celle d’un certain nombre d’autres que l’on trouve ordinairement dans les mêmes endroits qu’elle » (GUINOCHET, 1973), pourquoi ne pas tirer parti de l’expérience de nos prédécesseurs pour apprendre à déterminer ces plantes « révélatrices de leur environnement », non seulement par leurs caractères morphologiques (physionomie, formes, couleurs…), mais aussi grâce à l’ensemble du cortège végétal qui les accompagne, ainsi que grâce au type de milieu où elles croissent. Si la méthode n’est pas tout à fait orthodoxe, elle conviendra, nous semble-t-il, au plus grand nombre car elle présente le mérite d’être efficace, rapide et, de surcroît, enrichissante.
Extrait de « FLEURS ET MILIEUX NATURELS », LABADILLE, éditions OREP 2007 |
Lectures conseillées :
Guide des groupements végétaux de la région parisienne. Marcel BOURNÉRIAS, Gérard ARNAL, Christian BOCK. 640 pages, nombreuses photos. ISBN 2-7011-2522-7. Éditions Belin 2001. 59,30 €
Flore forestière française, guide écologique illustré. 1 Plaines et collines. J.C. RAMEAU, D. MANSION, G. DUMÉ. 1785 pages, nombreux dessins. ISBN 2-904740-16-3. Éditions IDF 1989. Également Tome 2 Montagnes. Tome 3 Région méditerranéenne.
ASSOCIATIONS DE MAUVAISES HERBES
Extrait de l’exposition du CPIE des C0LLINES NORMANDES et du CG 61 «Associations de mauvaises herbes» réalisée par Charles-Érick LABADILLE. Prêt gratuit : renseignements www.cpie61.fr ou 02 33 62 34 65
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UN ŒIL SUR LE MONDE
Mais on peut également « faire de l’environnement » en contemplant et en écoutant simplement ce qui nous entoure, pour tenter éventuellement de le retraduire sous une forme ou une autre (musique, peinture, photographie…) : voici quelques « regards » de proches, artistes et naturalistes…
Jean-Marc LEFÈVRE
Voilà un génial touche-à-tout, ou plutôt, puisque le terme a malheureusement pris une connotation un peu péjorative, un véritable encyclopédiste. Jean-Marc Lefèvre s’intéresse à tout, tout le passionne et ça ne changera pas : archéo, entomo, ornitho, herpéto et toutes ces autres disciplines se terminant par « logie », aussi la botanique, la vannerie, le tournage du bois, les musiques vertes, noires et blanches, le piano, le diato et même la photo, naturaliste bien sûr…

Gaston MOREAU

À 85 ans passés, en voilà un qui continue à nous épater, nous les jeunes à peine dans la cinquantaine ! Cet ornithologue invétéré de surcroît naturaliste complet, et son épouse Jeanne, une sérieuse botaniste, continuent à écumer le Perche qu’ils commencent à connaître comme leur poche… Mais un coin de bocage, une berge d’étang ou le flanc d’un coteau recèlent toujours de bonnes surprises, alors ils continuent d’arpenter sans relâche ; nous leur souhaitons donc encore de longues années à parcourir la campagne !
Gaston Moreau participe régulièrement aux ouvrages réalisés par le Groupe Ornithologique Normand :
www.gonm.org
Ludovic AMIARD
Alors que CéLab n’a jamais réussi à attendre plus de dix minutes chez le dentiste, Ludovic Amiard a la patience d’un ange car il traque surtout le gros gibier, ou plutôt la grande faune, bien entendu avec son appareil photo ! Les remarquables résultats de ces journées d’affût sont réunis dans l’ouvrage paru aux éditions de l’Étrave :
« Ludovic AMIARD, Au cœur de l’Orne sauvage, 112 p, 2005 »

Jacques LE ROCHAIS

Jacques Le Rochais n’a pas son pareil pour saisir la faune dans des postures insolites et, comme le peintre, dans des compositions naturelles qui mettent en valeur le sujet photographié. On peut retrouver ses photographies dans l’ouvrage collectif réalisé par l’association de photographes naturalistes « Regards » :
« Regards, Faune sauvage en Normandie, 2006, Éditions Isoètes »
www.asso.regards.freesurf.fr
ou sur son site personnel
http://jacques.lerochais.free.fr/s.php
Benoît LE SECQ
Sauf lorsqu’il parle photographie, domaine dans lequel il est alors intarissable, Benoît Le Secq est un homme silencieux et certainement trop modeste : en effet, sa réserve et sa discrétion naturelle lui permettent d’approcher au plus près le monde secret des insectes et de la petite faune et d’en faire un portrait tout à fait saisissant.

Claire FELLONI

Aquarelliste et illustratrice depuis 1980, après une formation de sculpteur sur bois à l’école Boulle, Claire Felloni s’oriente vers l’activité de peintre naturaliste. Elle travaille depuis de nombreuses années pour les éditions Gallimard, Nathan, Milan. En 1996, elle obtient le premier prix d’illustration au salon des artistes naturalistes du Muséum National d’Histoire Naturelle. Elle anime depuis 2000 des cours d’aquarelle botanique au Jardin des Plantes du Mans. Ce travail a inspiré l’ouvrage paru en 2006 aux éditions Delachaux et Niestlé :
« Claire FELLONI. Petites leçons d’aquarelle botanique, 190 p, 2006 »
Pour plus d’information, pour se procurer son ouvrage, pour acheter ses aquarelles, visitez son blog :
Fabien CAYET
Essentiellement dessinateur à la plume et au point (rotring), Fabien est également attiré par le travail paysager et naturaliste. Entre autres, il a illustré les carnets du Conservatoire du Littoral concernant le secteur de la Hague, et il a réalisé quelques parcours d’interprétation pour divers sites naturels (initiation à l’environnement).

Pascal BILLARD

Cet architecte paysagiste diplômé de l’École de Versailles a longtemps travaillé dans un Parc Naturel Régional. Cet excellent croqueur de paysage a une méthode infaillible pour que l’aquarelle soit dynamique et naturelle : peindre en extérieur sur le motif et s’imposer un temps précis pour la réalisation, le plus souvent la demi-heure, pas plus ! (voir ses aquarelles dans l’onglet « l’agenda de Normandie ».
Charles-Jacques LABADILLE (ou CiLab)
Terminons par Charles-Jacques Labadille, en fait le père de CéLab auquel il a certainement légué son goût pour les « choses » artistiques.Pianiste de jazz (jouant Art Tatum dans le Paris de l’après-guerre), homme de lettres (pièces de théâtre, romans, recueil de poèmes édité chez Pierre-Jean Oswald), il s’est également passionné pour la peinture et, notamment, pour les paysages et leurs lumières. Voici une courte rétrospective de son approche plastique.





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